Mars : soirée littéraire et musicale de la rue George Sand

 Un évènement organisé par Edouard Bruel accompagné d'Alain Salliot et de ses chanteurs et pianiste pour illustrer agréablement cette soirée.

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L’Association de la rue George-Sand reprend et poursuit l’organisation de ses rencontres culturelles pour les résidents de la rue, les voisins et les amis, 

 

le jeudi 31 mars 2022, à 20 heures, au 114 de notre rue.

Suivant nos bonnes pratiques, nous prenons un auteur ayant des attaches avec la Touraine.

Cette année, ce sera Anatole France, qui a passé les 10 dernières années de sa vie à Saint-Cyr. Nous vous ferons connaître, ou retrouver les meilleurs pages de son ouvrage Le Livre de Mon Ami, qui évoque ses souvenirs d’enfance. Les lectures seront agrémentées par des intermèdes musicaux et chantés de circonstance.

La soirée se terminera par un verre de Vouvray ou autre à votre gré.

Participation gratuite. Soutien de nos activités proposé par l’adhésion à notre association.

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Introduction des lectures

Anatole France nait à Paris, le 16 avril 1844, sous le nom de François Anatole Thibault. Son père, était libraire. La librairie de politique ancienne et moderne, France-Thibault qu’il tint d’abord devint ensuite la Librairie France, spécialisée dans les livres et documents sur la Révolution Française. Voilà d’où vient son nom Anatole France, et ce n’est pas étranger à son inspiration d’écrivain, le plus célèbre de ses ouvrages, les dieux ont soif, porte justement sur la Révolution.

La librairie France se situe en plusieurs lieux avant de s’établir sur le quai Malaquais, où Anatole va naître. C’est là qu’il passe son enfance, et c’est là qu’il situe les aventures du petit Pierre Nozière.

François Anatole Thibaut fait ses études au collège Stanislas à Paris et obtient son baccalauréat en 1864.

Il travaille tout de suite pour diverses librairies et revues, mais refuse de prendre la succession de son père, qui jugeait très négativement ses premiers écrits, les traitant de barbouillage.

Pourtant sa notoriété d’écrivain s’impose et il est élu à l’Académie Française en 1896.

Il devient un auteur influent, il dénonce le génocide arménien, soutient Émile Zola dans l’affaire Dreyfus et s’indigne, en 1914, lors de l’assassinat de Jean Jaurès, qui était son ami.

Il est l’écrivain adulé aux yeux de Marcel Proust qui en fait le personnage de Bergotte dans son livre La recherche du temps perdu.

En couronnement de sa carrière, Anatole France reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre en 1921.

Il s’installe à la Béchellerie à Saint-Cyr-sur-Loire en 1914, pour y passer la fin de sa vie. C’est à la mairie de Saint-Cyr qu’il se marie en 1920 avec sa compagne Emma Laprévotte. Cette Béchellerie, proche de la Loire et dominant la vallée de la Choisille, lui avait plu d’emblée. Riche de ses droits d’auteur, il agrandit son domaine par des acquisitions successives jusqu’à une douzaine d’hectares. Il restaure la maison et l’aménage ; surtout, il la remplit de meubles et objets d’art. Un petit pavillon donnant sur le jardin devient sa bibliothèque.

Anatole France meurt à la Béchellerie, le 12 octobre 1924.

Suivant nos bonnes pratiques, nous prenons cet écrivain qui a des attaches avec la Touraine, pour lui emprunter quelques extraits qui vont illustrer notre soirée culturelle et musicale.

C’est dans son ouvrage Le Livre de Mon Ami, publié en 1885, que nous choisissons les lectures que vous allez entendre. Il s’agit d’une évocation de son enfance et de sa jeunesse, qu’il écrit avec une certaine nostalgie, au milieu de sa vie.

Mais c’est lui-même qui fait la présentation de ces récits, en postface de son livre La vie en fleur, publié dans sa vieillesse en 1922.

Voici ce qu’il nous dit :

« Ces souvenirs, sont vrais en tout ce qui concerne les faits principaux, les caractères et les mœurs. Quand j'ai commencé de les remémorer, dans le Livre de mon ami et dans Pierre Nozière beaucoup de témoins de mon enfance vivaient encore ; j'ai dû changer leurs noms et leurs conditions pour ne pas offenser leur orgueil ou leur modestie. Mon père et ma mère me restaient. N'ayant que des louanges à leur donner, que des actions de grâce à leur rendre, pour les leur faire agréer, me fallait-il encore les leur offrir voilées.

J’ai transformé le petit Anatole en petit Pierre. Je ne fus pas fâché de changer sur le papier de nom et de condition. Je m'en trouvais plus à l'aise pour parler de moi, pour m'accuser, me louer, me plaindre, me sourire, me gronder à loisir. Ce nom supposé ne me déguisait pas, mais il marquait mon intention de ne pas paraître.

Ce que mon père a perdu à devenir médecin par ma fantaisie ? Je conviens qu'il y a perdu une librairie. Mais ce que je sais mieux que personne, c'est que mon père n’avait nul attachement pour cette librairie que je lui ai ôtée. Dénué de tout esprit commercial, il était plus propre à lire ses livres qu'à les vendre. Je dirai, sans paradoxe, que le docteur Nozière, dans son cabinet, ressemble plus profondément à mon père, que mon père lui-même dans sa librairie. Ce que je lui ai retiré tenait de la fortune et je lui ai donné en échange ce qui s'accordait à sa nature.

Tout ce que je peux dire c'est que j'ai été de bonne foi. Je le répète : j'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais certes elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d’ennui. »

Aussi, Anatole France reconnaît-il que la réalité risquant de nous paraître fade, il a fait quelques modifications pour que nous trouvions plus d’intérêt dans ces récits. Dans la mesure où ce n’est pas lui qui raconte, mais son personnage, c’est un roman

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